Publications de la Fédération du québecoise de camping et de caravaning
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CAMPER AU QUÉBEC 2O23 87 Cuire ses aliments ne remonte pas d'hier. On attribue à la domes- tication du feu, il y a près de 400 000 ans, et à la cuisson des aliments, le fait que les espèces humaines du Pléistocène moyen ont vu leur cerveau se développer de façon importante. Ce n'est pas rien, ça ! Il faut dire que la cuisson aide à éliminer plusieurs éléments pathogènes et augmente la digestibilité (donc la dispo- nibilité des nutriments) de la nourriture. Et pourquoi ne pas joindre l'utile à l'agréable, s'est sûrement dit un de nos ancêtres éloigné, ou même plus rapproché. Ainsi sont nés des modes de cuissons variés ayant aussi pour but de simplifier la tâche, varier les choses et même de rehausser les goûts. Cuisson dans le poêlon (dans son jus ou sauté), au four, à l'étouffée (vapeur), grillades (gril, plaques de cuisson) ou dans l'eau ou l'huile (friture), les méthodes sont nombreuses et les variantes encore plus. Il n'est donc pas surprenant que le campeur contemporain éprouve un plaisir à cuire ses aliments lors de ses sorties. Après tout, le combo tartinade de beurre d'arachide et confiture a ses limites… Et cuisiner à l'extérieur devient alors le top du top. À part le savoir- faire qui différencie l'apprenti cuistot du grand chef campeur, il y a un point commun à tout cuisinier qui travaille à l'extérieur : du matériel de cuisson adapté et une source de chaleur appropriée. Que ce soit dans un camping aménagé ou au fin fond des bois, il faut que cette source d'énergie soit facilement disponible, en quantité suffisante et que le matériel de cuisson soit relative- ment compact et robuste pour supporter le transport et soit facile d'utilisation. 5 sources de chaleur à exploit Le gaz propane (de la petite bonbonne de 16 onces à celle de 20 livres ou plus) est de loin la source d'énergie la plus populaire. Ce gaz liquéfié est facile à transporter et offre une bonne densité énergétique (BTU ou kWh par volume). Si cuisiner au gaz à l'inté- rieur présente des risques d'incendie mais surtout d'intoxication (au monoxyde de carbone, notamment) son utilisation à l'extérieur minimise ou élimine ces problèmes. Toutefois, le risque de voir la flamme s'éteindre ou vaciller au grand vent est amplifié. À camper près du véhicule ou dans un camping aménagé, l'élec- tricité est une source d'énergie des plus facile à utiliser et parmi les moins risquées. Le bois (sous forme naturelle ou en granules) ou même le charbon de bois (charcoal) sont des alternatives inté- ressantes, ancestrales, mais qui offrent une énergie plus difficile à contrôler. De plus, leur réserve peut s'épuiser rapidement. Si la fumée dégagée peut dans certains cas être souhaitable, dans d'autres, comme dans le simple cas de faire bouillir de l'eau sur un feu ouvert, elle peut donner un goût insipide aux aliments. Enfin, y aviez-vous pensé ? Le soleil peut devenir la source d'énergie pour faire cuire son repas (en plein jour, ça va de soi). Deux options de cuisson traditionnelles Cuisiner sur un feu de bois a ses adeptes et requiert vraiment peu de matériel. Il faut bien sûr travailler un peu plus fort qu'avec les autres méthodes. Ainsi, il faut ramasser le bon bois, attendre la braise, gérer l'évolution du feu et de la fumée et respecter les interdictions de feu à ciel ouvert, bien sûr. Au-delà des guimauves grillées, il est facile d'envelopper son repas dans du papier d'alu- minium et d'enfouir le tout dans les braises. Voilà, c'est tout. On peut même omettre le papier d'aluminium pour faire cuire des épis de maïs dans la braise s'ils sont protégés par leurs feuilles. Voilà une façon bien traditionnelle de manger son blé d'Inde sans avoir d'assiettes à laver par la suite. L'utilisation d'une grille, dont on peut idéalement gérer la hauteur par rapport aux braises, permet plusieurs types de cuisson, que ce soit dans un chaudron rempli d'eau, un poêlon ou même directement sur le gril pour un steak digne des cowboys. Une broche suspendue quant à elle permet des grillades de style méchoui, qu'Obélix envierait. Une autre option traditionnelle est d'utiliser des petits hibachis, inspirés des dispositifs de cuisson traditionnel japonais. Ce sont des accessoire simples et peu dispendieux. Imaginez un récipient de fonte dans lequel on dépose des briquettes de charbon de bois surmonté de grilles pour y déposer les accessoires ou les aliments directement. Le goût est très caractéristique mais la cuisson peut être longue et difficile à gérer. Il s'agit toutefois d'accessoires par- faits pour les piqueniques en famille qui durent…tout l'après-midi. Manger cru a ses vertus. Certains aliments ont tout avantage à être ainsi dégustés, sans autre modification, comme c'est le cas de plusieurs fruits et légumes, par exemple. D'autres, nécessitent ou sont bonifiés, à tout le moins, par un mode de cuisson quelconque. On vous présente les meilleurs choix. Certains vous surprendront ! Texte et photos : Dany Coulombe